Eglise de pélerinage

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Description du monument

D’après le livre de Marc Verdier, « L’église Saint-Mathurin de Larchant »

On peut donner des coups de projecteur sur des aspects intéressants du monument ou du mobilier, statues, fresque de la sacristie

 

Le plan primitif de l’église Saint-Mathurin était en forme de croix, avec une abside semi-circulaire à l’est, un chœur et un transept selon une ligne grossièrement nord-sud, formant les deux bras de la croix et une nef rectangulaire dont l’entrée se situait à l’ouest. Très rapidement, on compléta ce plan par une tour monumentale, entre le croisillon nord du transept et la nef et, plus tard, par une chapelle au nord et une sacristie au sud. Les travaux durèrent un peu plus de trois siècles, de la fin du XIIe siècle au début du XVIe siècle. Les dimensions de l’édifice sont les suivantes : longueur intérieure totale (y compris la nef ruinée) : 57 m, partie actuellement couverte : 34 m, longueur du transept : 29 m, hauteur des voûtes : 18 m, hauteur de la tour : 50 m.

On pénètre dans l’église par les portes latérales du transept. Le choeur est composé d’une seule travée, dans le prolongement de l’abside sur un plan semi-circulaire. L’intérieur était éclairé à l’origine par deux rangs de hautes et larges baies, encadrées d’archivoltes moulurées retombant sur des colonnettes. Seuls le chœur, l’abside et la chapelle de la Vierge ont conservé leurs voûtes qui ont résisté à l’incendie de 1568. Le transept comprend, en plus d’une travée centrale qui constitue un carré presque parfait de 11 m de côté, deux branches autrefois couverte chacune d’une voûte sexpartite, comme à Notre-Dame de Paris. Les façades du transept sont éclairées chacune par un triplet de hautes fenêtres. La nef était couverte, comme le transept, de voûtes sexpartites. Seule se trouve maintenant à l’intérieur la première travée. Pour construire la chapelle de la Vierge au XIVe siècle, on dut fermer certaines fenêtres et en modifier d’autres. Le plan de cette chapelle présente une figure à sept côtés. Sa voûte, à clef unique, comprend neuf voûtains et retombe sur de longues colonnettes. Les hautes fenêtres étaient garnies de fins meneaux et, à la partie supérieure, de rosaces. Une fenêtre bouchée a été rouverte lors des récents travaux de restauration et un vitrail a été créé à cet emplacement. Pour construire la sacristie, on dut fermer également plusieurs baies du côté sud du choeur et du transept. Au rez-de-chaussée, la sacristie est une salle voûtée en ogive à deux travées. Au dessus se trouvaient autrefois trois étages de salles, séparés par de simples planchers. L’Association Culturelle a fait aménager l’espace au-dessus de la sacristie, que la tradition nomme « salle du Trésor », afin d’y accueillir le public et y organiser de petites expositions lors de manifestations culturelles.

A l’extérieur, l’abside présente de robustes contreforts qui donnent la stabilité à l’ensemble et permettent la mise en œuvre de la technique dite du « mur mince » qui donne cette très grande élégance à l’intérieur du monument. La corniche est décorée de trois rangs de denticules, détail qui se retrouve à Notre-Dame de Paris. Cette puissante architecture a été modifiée dès le XVe siècle lorsqu’on édifia de part et d’autre la chapelle de la Vierge et la sacristie. La chapelle de la Vierge, de plan polygonal, présente de hautes fenêtres ornées de gâbles qui supportaient autrefois des statues. La présence de pinacles ornés et de gargouilles montrent que l’on a quitté la sobriété du premier gothique qui caractérise l’abside. La sacristie et le Trésor, édifiés durant des périodes troublées, montrent un aspect plus sévère, avec d’étroites baies au rez-de-chaussée et trois rangées de petites fenêtres garnies de barreaux à l’étage. Cet aspect rébarbatif a fait naître la légende des fous maintenus prisonniers en ce lieu. La nef ruinée est d’une remarquable sobriété de lignes. Elle était éclairée de deux rangées de fenêtres, formant à l’extérieur deux ressauts à angle droit ornés de simples chanfreins.  La nef s’ouvre par un portail, l’entrée primitive de l’église, avant l’édification de la grande tour. Maintenant très abîmé, le portail était décoré de quatre archivoltes moulurées qui retombaient de chaque côté sur autant de colonnettes. On décida de construire la grande tour-clocher dès le début du XIIIe siècle mais son édification ne se termina qu’au XVe siècle. Le rez-de-chaussée de la tour est un porche ouvert sur trois côtés. Il est formé d’énormes piliers supportant les arcs de la voûte, aujourd’hui disparue. Au dessus s’élèvent les trois étages de la tour. Les deux façades nord et est sont intactes, celle de l’ouest est ruinée et celle du sud s’est complètement effondrée. Sous le porche s’ouvre le portail du Jugement dernier, qui présente des analogies avec des portails de Notre-Dame de Paris.

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pdf La belle chapelle (Robert Le Roy Wattiaux)

pdf La fresque de la sacristie (par Camille Cès, Madame Martin-Ribeiro)

pdf La tour, quelle hauteur ?

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